LES VICTIMES DES MASSACRES
DE SEPTEMBRE 1792
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Les massacres de septembre 1792 firent plusieurs centaines de victimes dans les prisons parisiennes. Hommes et femmes furent impitoyablement occis par des révolutionnaires sanguinaires. Les chefs de la Révolution Robespierre, Danton et tant d'autres fermèrent les yeux; certains d'entre eux soutenant démagogiquement que le peuple doit pouvoir exprimer sa colère. L'atrocité des exécutions atteignit son paroxysme avec l'assassinat de la douce et innocente princesse de Lamballe, amie et confidente de la Reine Marie-Antoinette.

Vous trouverez dans la partie recherche d'un nom la liste de ceux et de celles qui furent immolés au nom de la liberté révolutionnaire avec le lieu de décès.

Nous avons choisi un texte anonyme paru en 1793 qui relate l'exécution de la princesse de Lamballe : " Marie-Thérèse-Louise de Savoie-Carignan, veuve de Louis-Alexandre-Joseph, Stanislas de Bourbon, prince de Lamballe, prince du sang, chef du conseil et surintendante de la maison de la reine, âgée de 43 ans moins 5jours remplie d'attachement pour la maison de France, elle avait voué en particulier à la reine une amitiét à toute épreuve, et ne l'avait jamais abandonnée dans ses malheurs. Il n'y avait guère plus d'un mois qu'elle était de retour de Londres où elle était allée dans le courant de juillet. On la combla d'égards et de caresses à la Cour de Saint-James; On lui fit les plus vives instances pour l'y retenir jusqu'à la cessation des troubles en France. Mais apprenant que les affaires de ce royaume se brouillaient plus que jamais et que de nouveaux malheurs menaçaient son auguste amie, elle voulut absolument revenir auprès d'elle et partager jusqu'au bout son infortune. Il est rare de trouver à la Cour des rois un tel exemple d'amitié. Madame De Lamballe était extrêmement bienfaisante, elle rendait service à quiconque recourait à elle. Elle fut emprisonnée à la prison de La Force. Pendant tout le temps qu'elle y passat elle secourut les indigents qui s'y trouvaient.

Le 3 septembre 1792 au matin on vint l'avertir qu'elle allait être transférée à l'Abbaye et qu'il fallait sur le champ descendre dans le guichet de la prison de la force. Elle était encore au lit, elle répondit qu'elle n'avait aucune plainte à faire de l'endroit où elle se trouvait, qu'elle aimait autant cette prison qu'une autre, et refusa absolument de descendre. Un homme vêtu de l'uniforme de garde national, s'approcha alors de la princesse, et lui dit durement d'obéir, et que sa vie en dépendait. Elle répondit qu'elle allait faire ce qu'on désirait, pria les personnes qui étaient dans sa chambre de se retirer, passa à la hâte une robe, et rappela le garde national qui lui donna le bras, et la conduisit au guichet. Lorsqu'elle fut en présence du sanguinaire tribunal, la vue des armes ensanglantées, des bourreaux dont les mains, le visage et les vêtements étaient teints de sang, les cris de douleur des malheureux qu'on égorgeait dans la rue, lui causèrent un grand saisissement et tout son corps tressaillit. On eut l'air de vouloir commencer un interrogatoire. "

Hélas! dit la princesse, je n'ai rien à répondre; mourir un peu plus tôt ou un peu plus tard, cela me laisse indifférent; je suis préparée à la mort.-Ah! elle ne veut pas répondre, dit le Président, allons à l'Abbaye " : ce cri était à la prison de la force, le signal de mort; les bourreaux entraînèrent aussitôt l'auguste victime. Elle eut à peine passé le seuil de la porte qu'elle reçut derrière la tête un coup de sabre qui fit jaillir son sang, ce sang issu de tant de roi. Deux hommes la tenaient fortement sous les bras, et l'obligèrent à marcher sur les cadavres. Comme elle s'évanouissait à chaque instant, elle avait pris soin de croiser les jambes, de manière qu'en tombant sa pudeur n'eut rien à souffrir de son attitude. Lorsqu'enfin elle fut tellement affaiblie, qu'il ne lui fut plus possible de se relever, ses bourreaux profanèrent son corps par de telles excès de barbarie et de lubricité que nous n'avons pas eu le courage d'en présenter le tableau. La tête de la princesse fut coupée et promenée dans les rues au bout d'une pique, son coeur et ses entrailles servirent de pâture à une troupe de cannibales. Monsieur le Duc de Penthièvre, beau-père de la princesse, est parvenu à recueillir ses déplorables restes.




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