CADASTRES DE BEZIERS,
XIVe - XVIIIe SIÈCLES
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  Présentation
 
 


    Sous l'ancien régime, pour assurer une répartition équitable des impôts royaux, furent établis des cadastres (estimation des choses, meubles et immeubles pour asseoir l'impôt). Les cadastres de Béziers (1398-1790) sont connus sous le nom de compoix et comprennent environ 20 000 fiches.

Chaque fiche est constituée :
    - du nom
    - des prénoms
    - du bourg (de Béziers)
    - de la côte du registre
    - des folios (paginations)
    - et des observations.



  Sources
 
 

 

Registres cadastraux conservés aux archives communales de Béziers.

Auteur: Yannick du Guerny



Exemples
 

 

FICHE N° 1/1 - 3 unité(s)
   
Nom de famille : ROUQUET
Prénom(s) : Antoine
 
Compoix : Compoix - XVIe - XVIIe siècles
   
Qualité : maréchal
   
Bourg : Montibel
   
Observations : dit Landuze
   
Date/Cote/Folio : 1555
CC 20
Folio 361

 

FICHE N° 1/1 - 3 unité(s)
   
Nom de famille : GUYBERT
Prénom(s) : Estève
 
Compoix : Compoix - XIVe - XVe siècles
   
Qualité : fornier(fournier)
   
Bourg : Nissan
   
Observations : dit Landuze
   
Date/Cote/Folio : 1487
CC 17
Folio 324-325



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  Généralités
 
    Béziers possède une belle série de registres compoix originaux conservés par les Archives communales de la ville, soit 64 grands volumes in-f°, reliés, cotés CC 1 à CC 45, puis CC 54 à CC 72, avec des documents annexes CC 46 à 54, qui viennent compléter la série du XVIIIe siècle  : ce sont des matrices, brevettes et mêmes des plans. Les volumes du XIVe s. ont été entièrement restaurés ces dernières années par un atelier spécialisé.

    Les compoix, ou compois, sont les ancêtres des cadastres modernes. Sous l’ancien régime, pour assurer une répartition équitable des tailles (impôts royaux) furent établis des cadastres, dont l’origine remonte à une ordonnance de Louis IX en l269, enjoignant l’exécution de « l’estimation des choses, meubles et immeubles pour asseoir la taille » Cette ordonnance est particulièrement bien exécutée en pays de Languedoc dès cette époque. Les cadastres établis y sont connus sous le nom de compoix. L’initiative appartenait aux autorités consulaires lesquelles font cadastrer leur taillable, c’est à dire le territoire de leur juridiction, suivant des règles qui leur seront propres, puis à partir du XVIe s. sous le contrôle des nouvelles cours des aides, comptes et finances. Le barême –ou table du compoix - établi à l’ouverture de celui de l608. et approuvé par la cour des comptes de Montpellier, avec les pièces annexes, est inséré dans le volume CC 31 Roy au f° 439 et suivants.

    Les manifests correspondent aux déclarations des particuliers, tenus de faire enregistrer au livre du compoix le détail de leurs biens taillables. Les cadastres en Languedoc s’appelaient soit compoix terriens, lorsqu’ils concernent les maisons et terres, c’est à dire les édifices, fonds et héritages immobiliers, soit compoix cabaliste, lorsque y figurent l’estime des biens meubles, de l’industrie ou revenus professionnels. Les compoix de Béziers des XIVe et XVe s. sont à la fois des compoix terriens et des compoix cabalistes.

    Quelques registres sont dotés de tabulations particulières. L’indexation présente –sans tenir compte de ces tabulations - porte sur l’ensemble des volumes, tous confondus par périodes, à l’exception des deux premières qui ont été regroupées. Un même particulier peut se retrouver cité plusieurs fois, surtout lorsqu’il possède des fonds dans des bourgs différents.

Les compoix ont été renouvelés par époques :

    1398, le plus ancien conservé ; il devait succéder à d’autres registres antérieurs disparus. Toutes les déclarations effectuées sont réputées de cette date. Des ajouts sont parfois insérés entre l399-1420 et les acquêts nouveaux ajoutés en seconde partie. Il ne concerne évidemment pas la totalité des fonciers ou cabalistes de l’époque, les déclarations antérieures n’y sont pas reportées et des registres comportent des lacunes. On peut retrouver par les confronts mentionnés sur les manifests enregistrés, de nombreux particuliers non cités.

    1487-1554, les déclarations non datées sont réputées avoir été faites dès l’ouverture du nouveau compoix. Les nouveaux chargements et déchargements sont justifiés par des productions de titres référencés. A partir de cette période les consuls et vérificateurs procéderont de la sorte pour l’insertion des mutations nouvelles, soit à l’aide de contrats passés devant les notaires publics (achats, échanges, contrats de mariage, dispositions testamentaires partages, transactions, puis défrichements, locateries perpétuelles, etc. - la cession étant le titre le plus courant évoqué) soit par décisions des autorités judiciaires, résultant de saisies ou ventes publiques, dénommés décrets. Toutes ces interventions, attestées rigoureusement , apportent un très grand intérêt aux compoix de la ville de Béziers.

    Le chercheur ayant en main la référence des manifests qui l’intéressent est certain d’une ouverture inédite pour sa recherche. La date portée à la colonne observation indique le premier chargement repéré sur le manifest ouvert en cours de la période concernée, lequel peut être suivi par d’autres, qui peuvent parfois occuper plusieurs pages, sinon des renvois portés en bas de texte à d’autres folios. Les déchargements se font par biffages, renvois ou croisements. On précise la nature des premiers chargements lorsqu’ils mentionnent des contrats de mariage, partages, testaments, ou font état d’une filiation. Les nouveaux chargements du début XVIe s., sont constatés par les consuls et vérificateurs et peuvent être paraphés par le déclarant. On a relevé des discordances entre l’enregistrement du patronyme par la voie orale et les paraphes. La transmission de l’héritage d’une génération à une autre peut être seulement constatée par la rayure du premier, remplacé par le fils, la veuve ou même un autre parent . Cette observation est également précisée. Certains manifests du XVIIe s. mentionnent ainsi jusqu’à trois générations d’une famille. Il faut être prudent : la chronologie des rayures n’est pas toujours évidente.

    Enfin, les nombreux indéterminés concernent des manifests imprécis en raison d’une volontaire mutilation, soit effacée par l’usure du temps, ou rendus illisibles par des manipulations anciennes trop fréquentes, des mouillures ou autres motifs. L’emploi constant des idem dans les textes, fait qu’un déclarant est mentionné qu’une seule fois.

    1555-1605 : mêmes observations. Les nouveaux chargements sont datés au maximum

    1605-1708 : mêmes observations. Les dates des premiers chargements n’ont été mentionnées qu’à 50 %. –La série des compoix comporte aussi un volume particulier consacré aux biens peu nombreux prétendus nobles et de ce fait non taillables, possédés par le clergé, quelques nobles et mêmes des roturiers. Dans ce dernier cas, ceux ci étaient alors soumis à une taxe particulière, appelée le franc fief.

     1709-1790 : une large partie des relevés ont été effectués par le président Jean-Denis Bergasse et Jean-Pierre Bacou, de la Société archéologique de Béziers. Leurs travaux ont été utilisés ; aussi les observations portent surtout sur les compoix de Capnau, la Madeleine, Saint-Jacques et Montibel, les cahiers des biens affranchis, forains et biens nobles.

    Béziers était divisé en deux parties suivant une division très ancienne, le domaine de l’évêque et le domaine du roi, elles mêmes réparties en quartiers ou bourg, connus depuis le XIe s. Les registres compoix ont été dressés par bourg et toujours à la même époque, ce qui donne :

  DOMAINE DE L’EVEQUE
   

Bourg de la Salvetat
Bourg de la Fustarié
Bourg de Montibel
Bourg de la Madeleine
Bourg de Capnau
Bourg de Maureilhan
Bourg de Saint-André
Bourg Saint-Louis (en partie)


  DOMAINE DU ROI
   

Bourg du Roi
Bourg de Nissan
Bourg de Lespignan
Bourg Saint-Louis (en partie)

    Foliotation ou pagination : elle est ancienne, parfois superposée. On a tenu compte de la plus usuelle, en style arabe. Dans certain registre, elle peut se trouver à l’intérieur des pages ce qui avait été fait pour éviter l’usure fréquente des bords extrêmes par une manipulation trop fréquente des documents, et effectuées avant les reliures du XVIIIe s. Il faut faire parfois quelques efforts pour la repérer. Les pages peuvent être déclassées, mention faite en observation. Certains cahiers peuvent porter un même numéro de pages et intéresse en général un seul manifest. Parfois, elle est reprise d’une manière différente. On a tenu compte des anomalies. Il s’agit d’une foliation recto/verso, la seconde partie ou verso précisée par un petit v . Pour les volumes du XVIIIe s., le numéro des pages s’entend pour les recto/verso.