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Béziers possède
une belle série de registres compoix originaux
conservés par les Archives communales de
la ville, soit 64 grands volumes in-f°, reliés,
cotés CC 1 à CC 45, puis CC 54 à CC
72, avec des documents annexes CC 46 à 54,
qui viennent compléter la série du
XVIIIe siècle : ce sont des matrices,
brevettes et mêmes des plans. Les volumes
du XIVe s. ont été entièrement
restaurés ces dernières années
par un atelier spécialisé.
Les compoix, ou compois, sont
les ancêtres des cadastres modernes. Sous
l’ancien régime, pour assurer une
répartition équitable des tailles
(impôts royaux) furent établis des
cadastres, dont l’origine remonte à une
ordonnance de Louis IX en l269, enjoignant l’exécution
de « l’estimation des choses,
meubles et immeubles pour asseoir la taille » Cette
ordonnance est particulièrement bien exécutée
en pays de Languedoc dès cette époque.
Les cadastres établis y sont connus sous
le nom de compoix. L’initiative appartenait
aux autorités consulaires lesquelles font
cadastrer leur taillable, c’est à dire
le territoire de leur juridiction, suivant des
règles qui leur seront propres, puis à partir
du XVIe s. sous le contrôle des nouvelles
cours des aides, comptes et finances. Le barême –ou
table du compoix - établi à l’ouverture
de celui de l608. et approuvé par la cour
des comptes de Montpellier, avec les pièces
annexes, est inséré dans le volume
CC 31 Roy au f° 439 et suivants.
Les manifests correspondent
aux déclarations des particuliers, tenus
de faire enregistrer au livre du compoix le détail
de leurs biens taillables. Les cadastres en Languedoc
s’appelaient soit compoix terriens, lorsqu’ils
concernent les maisons et terres, c’est à dire
les édifices, fonds et héritages
immobiliers, soit compoix cabaliste, lorsque
y figurent l’estime des biens meubles,
de l’industrie ou revenus professionnels.
Les compoix de Béziers des XIVe et XVe
s. sont à la fois des compoix terriens
et des compoix cabalistes.
Quelques registres sont dotés
de tabulations particulières. L’indexation
présente –sans tenir compte de ces
tabulations - porte sur l’ensemble des
volumes, tous confondus par périodes, à l’exception
des deux premières qui ont été regroupées.
Un même particulier peut se retrouver cité plusieurs
fois, surtout lorsqu’il possède
des fonds dans des bourgs différents.
Les compoix ont été renouvelés
par époques :
1398, le plus
ancien conservé ; il devait succéder à d’autres
registres antérieurs disparus. Toutes
les déclarations effectuées sont
réputées de cette date. Des ajouts
sont parfois insérés entre l399-1420
et les acquêts nouveaux ajoutés
en seconde partie. Il ne concerne évidemment
pas la totalité des fonciers ou cabalistes
de l’époque, les déclarations
antérieures n’y sont pas reportées
et des registres comportent des lacunes. On peut
retrouver par les confronts mentionnés
sur les manifests enregistrés, de nombreux
particuliers non cités.
1487-1554,
les déclarations non datées sont
réputées avoir été faites
dès l’ouverture du nouveau compoix.
Les nouveaux chargements et déchargements
sont justifiés par des productions de
titres référencés. A partir
de cette période les consuls et vérificateurs
procéderont de la sorte pour l’insertion
des mutations nouvelles, soit à l’aide
de contrats passés devant les notaires
publics (achats, échanges, contrats de
mariage, dispositions testamentaires partages,
transactions, puis défrichements, locateries
perpétuelles, etc. - la cession étant
le titre le plus courant évoqué)
soit par décisions des autorités
judiciaires, résultant de saisies ou ventes
publiques, dénommés décrets.
Toutes ces interventions, attestées rigoureusement
, apportent un très grand intérêt
aux compoix de la ville de Béziers.
Le chercheur ayant en main
la référence des manifests qui
l’intéressent est certain d’une
ouverture inédite pour sa recherche. La
date portée à la colonne observation
indique le premier chargement repéré sur
le manifest ouvert en cours de la période
concernée, lequel peut être suivi
par d’autres, qui peuvent parfois occuper
plusieurs pages, sinon des renvois portés
en bas de texte à d’autres folios.
Les déchargements se font par biffages,
renvois ou croisements. On précise la
nature des premiers chargements lorsqu’ils
mentionnent des contrats de mariage, partages,
testaments, ou font état d’une filiation.
Les nouveaux chargements du début XVIe
s., sont constatés par les consuls et
vérificateurs et peuvent être paraphés
par le déclarant. On a relevé des
discordances entre l’enregistrement du
patronyme par la voie orale et les paraphes.
La transmission de l’héritage d’une
génération à une autre peut être
seulement constatée par la rayure du premier,
remplacé par le fils, la veuve ou même
un autre parent . Cette observation est également
précisée. Certains manifests du
XVIIe s. mentionnent ainsi jusqu’à trois
générations d’une famille.
Il faut être prudent : la chronologie
des rayures n’est pas toujours évidente.
Enfin, les nombreux indéterminés
concernent des manifests imprécis en raison
d’une volontaire mutilation, soit effacée
par l’usure du temps, ou rendus illisibles
par des manipulations anciennes trop fréquentes,
des mouillures ou autres motifs. L’emploi
constant des idem dans les textes,
fait qu’un déclarant est mentionné qu’une
seule fois.
1555-1605 :
mêmes observations. Les nouveaux chargements
sont datés au maximum
1605-1708 :
mêmes observations. Les dates des premiers
chargements n’ont été mentionnées
qu’à 50 %. –La série
des compoix comporte aussi un volume particulier
consacré aux biens peu nombreux prétendus
nobles et de ce fait non taillables, possédés
par le clergé, quelques nobles et mêmes
des roturiers. Dans ce dernier cas, ceux ci étaient
alors soumis à une taxe particulière,
appelée le franc fief.
1709-1790 :
une large partie des relevés ont été effectués
par le président Jean-Denis Bergasse et
Jean-Pierre Bacou, de la Société archéologique
de Béziers. Leurs travaux ont été utilisés ;
aussi les observations portent surtout sur les
compoix de Capnau, la Madeleine, Saint-Jacques
et Montibel, les cahiers des biens affranchis,
forains et biens nobles.
Béziers était
divisé en deux parties suivant une division
très ancienne, le domaine de l’évêque
et le domaine du roi, elles mêmes réparties
en quartiers ou bourg, connus depuis le XIe s.
Les registres compoix ont été dressés
par bourg et toujours à la même époque,
ce qui donne :
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DOMAINE DE L’EVEQUE |
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Bourg de
la Salvetat
Bourg de la Fustarié
Bourg de Montibel
Bourg de la Madeleine
Bourg de Capnau
Bourg de Maureilhan
Bourg de Saint-André
Bourg Saint-Louis (en partie)
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DOMAINE DU ROI |
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Bourg du
Roi
Bourg de Nissan
Bourg de Lespignan
Bourg Saint-Louis (en partie)
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Foliotation ou pagination :
elle est ancienne, parfois superposée.
On a tenu compte de la plus usuelle, en style
arabe. Dans certain registre, elle peut se trouver à l’intérieur
des pages ce qui avait été fait
pour éviter l’usure fréquente
des bords extrêmes par une manipulation
trop fréquente des documents, et effectuées
avant les reliures du XVIIIe s. Il faut faire
parfois quelques efforts pour la repérer.
Les pages peuvent être déclassées,
mention faite en observation. Certains cahiers
peuvent porter un même numéro de
pages et intéresse en général
un seul manifest. Parfois, elle est reprise d’une
manière différente. On a tenu compte
des anomalies. Il s’agit d’une foliation
recto/verso, la seconde partie ou verso précisée
par un petit v . Pour les volumes du XVIIIe s.,
le numéro des pages s’entend pour
les recto/verso. |
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